La mer est une flaque comme les autres

Publié le par Martin Greere

Aujourd'hui, après une brève entrevue avec mon patron au sujet de ma sous production suite à ma récente augmentation, l'argument de la cause à effet classique eu énormément de mal à passer, un peu comme du pumpernickel au petit déjeuné.

Le ton était donné, me bouger le cul je devais, sinon mes avantages fiscaux et mon bureau exposé sud je perdrais.


Un bon petit coup de fil me remis la patate, un dossier glandouillant sur mon bureau depuis deux mois devint urgent pour la fin de la semaine, je réquisitionnais donc l'intégralité de ma toute puissance intellectuelle afin de le finaliser dans les temps avec le moins d'erreurs possibles.

Le temps s'altère allègrement pendant l'après-midi, cinq minutes deviennent facilement une petite heure, et nous voici aux environs de neuf heures du soir, toujours à s'esquinter la rétine.


Le goudron est toujours là, le béton m'attend à la maison, une persistance auditive générée par l'abus d'ondes FM, l'amoncellement de tickets, reçus, et factures au garde-à-vous. Un bon coup de vent dans la tête ça ferait du bien.


Parfois je me demande si l'homme, surtout moi, est fait pour travailler. Et d'ailleurs les animaux branlent rien du matin au soir, certains ont même le luxe d'être nourris et blanchis à côté de leur petit point d'eau privé à regarder des couillons les mater toute la journée... Je viens de trouver d'où provient le concept de « Loft Story ». Mon Dieu, ne les blâme pas, ils ne savent pas. Leurs enfants paieront pour leurs pêchés.

Un peu de sadisme ne fait pas de mal surtout quand c'est gratuit, en c'est temps de crise c'est toujours ça de pris. Y'en a un peu plus, j'vous l'laisse?!


Je me rappel pendant mes études, enfin pendant mes années sabbatiques où j'ai développé une sagesse à base de bière et d'autres spiritueux, nous dûmes tant bien que mal réaliser un exposé, dans la langue de Terry Gilliam, sur la torture. La nature de l'homme le poussant à utiliser tout son génie dans cet art ancestral, nous pûmes avoir d'autre réaction qu'une sacrée montée de sève.

Mon préféré est et restera, je pense, la poire d'angoisse, qui s'introduisait dans la bouche, l'anus ou la vulve et dont on pouvait augmenter le volume. Certains pensent que le mal engendre le mal.

Faisons une expérience, voulez-vous, prenons à la place de « mal » un œuf, et à la place de « mal » une poule.

Par attirance pour la théorie de l'évolution qui veut que mon père fut un singe, et par manque de temps cruel pour vous proposer une nouvelle théorie, je répondrais sans hésité « l'œuf ». Reste à savoir, par identification à quoi il correspond.

Outre l'excellent développement socioculturel mis en avant dans le documentaire « RRRrrr » sur la motivation qui poussa le premier être à peu près humain à tuer un autre être à peu près humain, je me questionne sur le « qui ». Qui a fait souffrir en premier? L'homme ou la femme? L'enfant ou le vieillard? Le brun ou le roux? TF1 ou M6? L'aliment avarié ou le malade?


Rien de plus triste qu'un bout de jambon ou un yaourt laissé à l'abandon dans le tiroir en bas du frigo. Un sachet de gruyère à peine entamé virant au vert, un litre de lait tournant en chèvre. Au plus profond de lui, il est comme le maïs Bonduelle qui supplie de se faire manger, il se sent rejeté, pourquoi n'aurait-il pas droit à autant d'attention que ses amis partis tout frais affronter les sucs gastriques. Certes la division permet au puissant d'étendre son règne, mais dans le cas présent le génocide serait un acte citoyen envers une population naît pour mourir en salade!

Cette désorganisation involontaire ne peut-être que le fruit d'un réel sadisme devenu réflexe.



Dans la flaque devant ma porte il y a du gasoil. Le port déborde sur la route, la flaque grandit, le gasoil s'en va et les poissons viennent mourir. Pavillon bleu.

Dans l'océan loin de chez moi il y a du pétrole. Le port déborde sur la route, la flaque grandit, les poissons s'en vont, le pétrole vient salir. Pavillon bleu.

A mon avis notre sadisme naturel est un complexe de transposition piscicole. On rit du poisson qui nage la merde collée au cul dans son bocal de deux litres, pourtant on construit nos maisons sur des décharges.

Publié dans Flai

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